
Le groupe cdH se réjouit que la Commission des Relations extérieures ait voté ce matin à l’unanimité une proposition de résolution de Georges DALLEMAGNE visant à protéger le Parc des Virunga, une réserve naturelle d’une biodiversité exceptionnelle située dans l’est de la République démocratique du Congo. Le Député a été rejoint dans sa démarche par plusieurs collègues de la majorité. Le Parlement belge est ainsi le premier au monde à se saisir de cette question.
Classé en 1979 au patrimoine mondial de l’UNESCO, le parc a été ensuite inscrit en 1994 sur la liste des sites en péril. Depuis 2011, une menace d’un autre type pèse sur la réserve : celle de l’exploitation pétrolière.
Pour le Député Dallemagne, ce vote est « un cri d’alarme adressé à la Communauté internationale. C’est un crime de laisser massacrer un tel joyau de biodiversité sur l’autel des profits économiques ! Le parc, déjà dévasté par la guerre, le braconnage et la déforestation est aujourd’hui gravement menacé par les compagnies pétrolières. Il faut que cela s’arrête ! ».
En violation flagrante de la Convention sur le patrimoine mondial qui lie l’Unesco et la RDC, ainsi que dans un non-respect total des lois et de la Constitution congolaise, la RDC a octroyé des concessions pétrolières qui couvrent 85% du Parc et qui ont leur siège social dans des Etats parties à la Convention du patrimoine mondial (« Total » en France, « Sacoil » en Afrique du Sud, « Ophir Energy » et « Soco international » au Royaume-Uni). Une décision lourde de conséquences qui avait pu être un temps freinée suite à une intervention de l’UNESCO.
Dans sa résolution, le Député Dallemagne demande notamment au Gouvernement belge d’agir promptement, fermement et de concert avec le Gouvernement congolais, l’Union européenne ainsi que la Communauté internationale afin d’empêcher tout dommage irréparable lié à l’exploration et l’exploitation pétrolière ou d’autres activités illégales. Il demande également d’envisager des sanctions à l’encontre des compagnies pétrolières Soco et Total qui ne souscrivent pas aux engagements formulés par l’UNESCO. « Il faut mettre la pression sur ces compagnies ! » explique Georges Dallemagne. « Comme formulé dans la résolution, le Gouvernement doit plaider auprès de la France et du Royaume-Uni afin qu’ils s’assurent que les compagnies présentes sur leur territoire respectent les principes directeurs de l’OCDE à l’intention des entreprises internationales ainsi que la Convention pour la protection du patrimoine mondial de l’UNESCO ! »
Enfin, conformément à la demande expresse formulée par l’UNESCO, la résolution suggère d’insister auprès du gouvernement congolais afin que tous les permis d’exploration pétrolière se trouvant à l’intérieur des limites du parc soient annulés.
Par ailleurs, à l’instar d’autres observateurs, Georges Dallemagne souligne le lien évident entre les offensives du mouvement M23 aux alentours de Goma et la volonté de contrôler les ressources naturelles à l’est du Congo et en particulier les éventuelles ressources pétrolières dans le Parc des Virunga.
La proposition de résolution de Georges Dallemagne devrait être votée en séance plénière jeudi 06 décembre.